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La croisière du VAÏHERE
Voiles et paysages
Croisière Vaïhere : Cap Horn et glaciers de la cordillère Darwin
23 mars - 7 avril 2005


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29 mars ; lever 6 h - appareillage à 7 h 30. Le ciel est bas avec un peu de crachin. Le vent d’Ouest nous pousse maintenant vers le premier but de la croisière : le Cap Horn. Depuis 2 jours nous attendions ce départ au mouillage Caleta Martial de l’île Herschel. Dans quelques heures il sera là, sur bâbord ce Cap tant attendu.

Revenons le 23 marsà l’aéroport CDG. Un petit groupe se forme : veste de quart, sac marin avec étiquette GNGL; il est facile de se retrouver. 20 heures plus tard nous sommes à USHUAIA; Claude nous accueille et nous conduit à bord de Vaïhere ou nous attendent Eric et Nicolas. Tout va très vite : visite du bateau, affectation des couchettes, rangement des équipets, douche au club, petite ballade en ville et nous voici le soir au briefing/apéro: présentation du programme, vie à bord, informations sur la météo, consignes de sécurité.

Le lendemain matin, visite de la douane puis départ par beau temps et vent portant vers Puerto Williams au Chili ou se déroulera la croisière. De nouveau la douane, puis petite ballade vers le village d’Ukika ou vivent les derniers indiens Yamanas et bien sûr passage au MICALVI, le yacht-club pour arroser cet escale au Pisco.

Appareillage à 8 h après un joli lever de soleil. Belle journée de navigation d’abord dans le canal de Beagle puis cap au sud le long de l’île Picton. Nous faisons connaissance avec la fiabilité de la météo et le passage rapide des dépressions. A 10 h 30 un bon vent de Nord-Ouest 35 nœuds nous pousse ; Des dauphins nous accompagnent. A 16 h 30 en arrivant sur l’île Wollaston, changement de registre avec un vent de Sud-Ouest 40 nœuds - dans le nez bien sûr. Après 10 heures de navigation, le mouillage de l’île Herschel est le bienvenu. Premières connaissances avec les « canards vapeur » Leurs ailes sont trop petites pour voler mais les fait avancer sur l’eau avec ce bruit caractéristique d‘une machine à vapeur.

Descente à terre sur l’île et montée au sommet ou l’on découvre une belle perspective sur les îles Wollaston, Lhermite, Deceit et bien sûr Horn. Un condor nous survole. La marche n’est pas toujours facile dans les mousses, lichens, herbes, arbres rabougris et la descente se termine à la nuit. Retour à bord vers 21 h 30. C’est le jour de Pâques ; avant de dîner, il faut trouver les œufs cachés dans le carré. Avec Eric et Nicolas toutes les occasions sont bonnes pour mettre de l’ambiance ; en plus le groupe s’est vite formé et les occasions de rire sont nombreuses. Si l’on ajoute la très bonne cuisine de Nicolas et le Vino toro (vitamine B12) tout va bien.

Deux jours au mouillage avec des vents Nord 35 nœuds, les prévisions météo sont meilleures pour demain, espérons qu’ils ne se trompent pas trop car il faudra se lever tôt.

Nous voilà donc partis à 7 h 30 et vers 10 h 30 nous sommes par le travers de l‘île Hall. Nous faisons connaissance avec la longue houle du Pacifique qui perturbe quelques estomacs. Cap à l ‘est maintenant, Le Cap Horn apparaît entre les grains. Le vent forcit à 25 nœuds et le temps se dégage. Des rayons de soleil sur un fond de nuages nous donnent de très belles mais inquiétantes images du Cap.

55° 58 S - 67° 14 O Travers bâbord, le mythique Horn est passé - Champagne. Moment inoubliable où l’on ne se lasse pas de regarder le cap, la mer puis le cap, puis la mer …de passer de l’appareil photo au caméscope pour immortaliser cet instant.

Le débarquement sur l’île n’est pas possible à cause de la houle, il faut maintenant mettre le cap au Nord. Quel plaisir de barrer Vaïhere au près à un peu plus de 10 nœuds !

Dans la soirée arrêt rapide à Puerto Toro pour repartir avec une pêche miraculeuse (appât à base de chocolat, vin et cigarettes) de centollons, centollas et poulpes qui nous régalerons 3 repas. A noter un magnifique coucher de soleil alors que nous sommes accompagnés par des phoques et de nombreux oiseaux.

La nuit, les quarts sont établis pour remonter le canal de Beagle vers l’Ouest et à 10 h 30 mouillage à Caleta Olla au début de la cordillère Darwin.

Encore une belle ballade à terre le long du canal de Beagle puis vers un lac glaciaire, toujours avec une végétation de mousses cachant parfois de beaux trous d’eau, n’est-ce pas Dominique, notre spécialiste en détection de trous d’eaux profonds.

Le lendemain, réveil sous la pluie et le vent qui nous accompagnent toute la journée. La matinée se passe dans le carré à éplucher les crabes - bonne occupation avec ce temps. Chacun a pris ses marques pour la cuisine : Isabelle et Jean-Pierre pour le petit déjeuner avec pain grillé, Frédérique pour les gâteaux. Un peu moins d’ardeur pour la vaisselle mais pour le tricot Claire est imbattable en écharpes et strings en laine.

Bizarrement nous sommes dans l’anticyclone du Horn -1029 mb - et le temps pluvieux n’évolue pas. Les sommets se couvrent de neige. Surprise sur la plage : une tente - 2 Français passent 2 mois en kayak dans ces eaux. Ils viennent se réchauffer et se sécher à bord dans la journée.

1er avril: le temps s’éclaircit, nous partons au moteur contre un vent fort d’Ouest. Les premiers glaciers apparaissent. Tout le monde est au poste d’observation: sommets enneigés, glaciers, cascades. Puis c’est l’entrée dans le fjord PIA, remonté jusqu’au glacier à travers des champs de growlers. Le temps s’est bien amélioré et le spectacle est inoubliable : arrêt au milieu des glaces à quelques dizaines de mètres du glacier - grondement du glacier, chutes de morceaux de glace, cascades. Le spectacle est sur 360° n’est ce pas Stéphane qui se fait hisser sur les barres de flèches pour mieux en profiter…..Et s’il gelait fort cette nuit, combien de temps resterions-nous ici ?

Mouillage le soir à l’entrée du fjord dans Caleta del Norte : 2 amarres avant, 2 amarres arrières. Il faut trouver les bons arbres pour s’amarrer.

Petite étape le lendemain - mouillage à Caleta voiliers sur l’île Gordon et nouvelle ballade à terre ; les plus courageux vont jusqu’au sommet - Guillaume est imbattable sur ce terrain, les autres arrêt cascade et bien sûr des mousses, des arbres et des trous.

Le plein d’eau est fait à la cascade : 1 entonnoir, 1 long tuyau et les bidons se remplissent. Plusieurs voyages en annexe sont nécessaires pour remplir les réservoirs mais le soir douche à volonté pour l’équipage. 2 casiers sont mouillés, mais déception le matin; 1 seul crabe (pour 12) que l’on remet à l’eau.

Quelle belle journée ce 3 avril. Remontée du fjord jusqu’au glacier Garibaldi. On ne sait plus ou donner des yeux et des appareils photos tant le spectacle est partout. Sous un ciel bleu, sommets, glaciers, chute de blocs de glace dans de forts grondements.

Claude et Annie fêtent leur 41ème anniversaire de mariage. C’est la fête à bord - champagne (pour le rafraîchir il suffit de se servir en glace le long du bord), repas sur le pont dans ce décor irréel. La journée n’est pas finie; un phoque joue dans le sillage, arrêt devant une colonie de lion de mer à la sortie de fjord, puis dans le canal Barros - dauphins, pétrels, et un albatros qui nous offre un lent et majestueux décollage. Et finalement mouillage à Estero Coloane sur l’île Hoste.

Quelle journée. Alors que l’on retourne maintenant cap à l’est vers Puerto Williams, le père EOLE nous joue un mauvais tour : vent d’est fort et pluie - statistiquement nous avions moins de 5% de chance d’avoir ce type de temps. Le thé et le grog ont remplacé le champagne mais le soir nous sommes à Caleta Eugénio en face de la baise Lapataia avec un ciel calme et bien dégagé.

Le lendemain un vent d’ouest nous pousse rapidement vers Porto Williams. Un peu de temps pour visiter cette ville très curieuse. Tout est petit : la grand place, le centre commercial nord et ses 9 petites boutiques, la rue commerçante, les maisons en bois et leurs toits en tôle ondulés peints de couleurs vives.

Passage au MICALVI pour y accrocher le pavillon du club de voile parmi d’illustres prédécesseurs. C’a vaut bien 1 Pisco en apéritif et un 2ème après le dîner. Au petit matin, alors qu’il fait un ciel bleu magnifique et que l’équipage est au poste de bronzage le capitaine du port nous joue un mauvais tour : port fermé suite à des prévisions météos très mauvaises. En fin de matinée le port s’ouvre et après le passage de la douane, c’est le départ vers USHUAIA.

Quatre heures plus tard, le phare des Eclaireurs est sur bâbord. Ce n’est plus le canal de Beagle mais la baie d’USHUAIA qui est devant l’étrave de Vaïhere. Immigration.. La croisière est bien finie.

La soirée se termine tard au restaurant « chez Manu », toujours dans la bonne humeur.
Au retour à bord, c’est le moment ou l’on commence à se repasser dans la tête ces semaines de navigation, ces 400 miles dans des eaux qui nous ont révélé toute leur beauté : Le Cap Horn, les glaciers.

Comme nous l’a dit plusieurs fois Eric : c’est ESPECTACULAR. Le débarquement s’effectue sous des grains de neige - l’automne est là.

Dernier pot à l’aéroport. Décalage horaire oblige, 26 heures plus tard c’est Roissy, le RER, la maison. Mais c’est aussi des photos, un film et des images plein la tête.

Merci à Eric, Nicolas et Claude. Longues navigations à Vaïhere dans ces eaux du bout du monde.

JEAN-PIERRE

Pour en savoir plus sur ce voyage.
Cap Horn et glaciers de la Cordillère Darwin à bord de Vaïhéré


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